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Deux ou trois
raisons d'encourager la production locale...
Un
fruit importé hors saison consomme pour son transport 10
à 20 fois plus de pétrole
que le même
fruit produit localement et acheté en saison.
Acheter des
fruits et légumes de saison, c’est la garantie
qu’ils n’ont pas été cultivés
sous serre,
ni soumis aux heures de transport, à la
réfrigération, aux conservateurs chimiques ou
cultivés
dans des pays où leur culture détruit
les cultures vivrières.
La culture intensive des fraises
et des tomates pour l’exportation
pille l’eau et la
terre et réduit en esclavage des ouvriers clandestins :
El
Ejido, en Espagne : un apartheid sous plastique
C’est
donc aussi faire vivre de nombreux paysans dans notre voisinage.

À l’exception
de quelques coins protégés, la campagne est devenue
une véritable usine.
Dans bien des cas, les producteurs
laitiers ne boivent même plus leur lait, les animaux
d’élevage,
bourrés d’hormones et
d’antibiotiques, ne voient jamais la lumière du
jour, les fruits
et les légumes poussent sur une terre
morte, nourris d’engrais chimiques et de pesticides.
La
fonction première de l’agriculture n’est
pourtant pas d’augmenter le chiffre d’affaires
mais
de nourrir la population et d’occuper le territoire où
elle s’exerce.
Ne considérer l’agriculture que
du point de vue de l’économie et du libre-échange
et l’assujettir aux objectifs marchands d’une poignée
d’entreprises,
ne peuvent que conduire à la
destruction du milieu rural et de la santé collective.
De plus en plus de
citoyens s’inquiètent de la situation. Une nouvelle
solidarité prend forme
entre des agriculteurs biologiques, des citadins responsables, des transformateurs,
des restaurateurs
et même des producteurs conventionnels
en vue de soutenir
le développement d’une agriculture paysanne.
Les paysans ne sont pas des gens d’affaires; il créent
le pays qu’ils habitent,
entretiennent le territoire qu’ils
occupent en l’aménageant,
en le cultivant avec les
leurs, pour en vivre et nourrir leurs concitoyens.
Un tel
programme implique des changements politiques importants.
Quoi
qu’en disent les adeptes de l’agrobusiness,
l’agriculture paysanne
n’est pas l’agriculture
du passé, mais celle de l’avenir.
Maxime Laplante
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